Extraits sonores

Vous trouverez ci-dessous des documents sonores rares récoltés durant ma carrière de journaliste.

Dick Annegarn et Jacques Martin

 

Dick Annegarn a placé un enregistreur à cassettes audio dans la poche de sa veste de cuir. Il enregistre discrètement Jacques Martin à qui il demande des explications. Le chanteur n’accepte pas que celui-ci ait coupé un couplet dans la chanson qu’il avait enregistrée pour une de ses émissions sans en être prévenu avant diffusion à l’antenne. Effectivement, quand on sucre quelques phrases, l’histoire que narre une chanson peut n’avoir plus beaucoup de sens. Il aurait même préféré que Martin ne diffuse pas du tout cet enregistrement. Pourtant, l’animateur TV, légalement, est (hélas?) dans son droit.

Ce document, que vous pouvez écouter ici en intégralité, dévoile les coulisses de travail du show-business. Cela va crescendo… jusqu’au «Les ouvriers te pissent au cul» d’un Jacques Martin de plus en plus cynique.


François Béranger et VDB

 

Dans les années ’70, alors que les étudiants manifestent en nombre contre la réforme que le ministre belge de la Défense Paul Vanden Boeynants veut leur imposer, je l’ai interviewé sur sa définition de «l’ennemi intérieur». Ses déclarations, utiles aux étudiants combattants, ne doivent paraître dans Vlan qu’une semaine plus tard. Pour les rendre publiques plus rapidement, François Béranger accepte de les diffuser sur sa sono en plein concert, et entame ensuite sa chanson «Vous n’aurez pas ma fleur». Voici l’enregistrement de cette partie de concert. Politiquement éblouissant.


Lou Deprijck explique que c’est bien lui, la voix de Plastic Bertrand

 

Le métier le savait depuis longtemps mais il a fallu attendre un débat en 1985 pour que deux journalistes, Catherine Degand (Le Soir) et François Chenot (Une autre chanson), demandent enfin en public à Lou Deprijck, «une fois pour toutes», si c’est bien lui, la voix qui chante «Ça plane pour moi» sur le disque de Plastic Bertrand.
L’explication de 9 minutes est savoureuse, instructive de bout en bout. Un exemple concret des plus détaillés de comment fonctionne sans aucun scrupule dans ses coulisses le show business des variétés.


William Sheller: «Les gens ne sont pas des imbéciles»

 

Dans les années ’80, pour Diffusion Alternative, Bernard Hennebert anime des «tournées» de débats dans des centres culturels à Bruxelles et en Wallonie avec des artistes afin que ceux-ci expliquent au public les «coulisses» économiques de leur métier: Léo Ferré; un duo composé de Salvatore Adamo et André Bialek; Nicole Croisille; François Béranger; un trio d’artistes (France, Suisse et Belgique) qui produisent eux-mêmes leurs disques et font la nique aux multinationales avec Anne Sylvestre, Michel Bühler et Claude Semal; etc.
Voici un extrait d’une de ces rencontres: le 23 mai 1984, William Sheller à la Soupape, un cabaret chansons à Bruxelles.


Michel Lancelot: «Il n’y a pas de tyrans (les journalistes), il n’y a que des esclaves (leur public)»

 

Michel Lancelot était une idole pour Bernard Hennebert, qui avait fait le déplacement à Paris pour assister à son émission mythique «Campus» (titre également d’un de ses livres, à conseiller) dans un minuscule studio d’Europe 1. Ce soir-là, c’est deux heures en direct avec Jean Ferrat présentant son nouveau 33 tours. Michel Lancelot innove souvent: on lui doit notamment les premiers débats en radio sur l’homosexualité ou sur la peine de mort. C’est l’époque des grands festivals comme Woodstock, du mensuel «Actuel» et des cultures alternatives qui succédèrent au yéyé.

C’est aussi l’époque de l’émergence des radios libres et de leur récupération commerciale. Au moment où Michel Lancelot quitte la station périphérique pour lancer la radio privée «95,2», Bernard Hennebert l’invite à participer à deux soirées débats qui devaient se tenir au Centre régional de la Chanson à Bourges ainsi qu’à la Maison des Arts de Créteil. Hélas, Michel Lancelot décède quelques jours avant ces deux rencontres.

Il reste un long entretien de préparation, son ultime interview qui sera publiée dans le mensuel «Paroles et Musique» (N°40, pages 9 à 11). L’extrait que nous vous en proposons est celui où le mythe s’effondre: des émissions si passionnantes, mais quel cynisme! C’est à peu près l’inverse des déclarations de William Sheller (voir plus haut). Ici, c’est: si les journalistes sont médiocres, c’est le public qui le veut.


François Ruffin : les futurs journalistes faisaient des critiques de films ou de livres sans les avoir vus ou lus

 

Bien avant qu’il ne soit élu parlementaire de la Somme ou qu’il remporte en 2017 le César du meilleur documentaire pour «Merci patron», François Ruffin, alors âgé de 28 ans, sera le 30 octobre 2003, avec Jean-Jacques Jespers (alors ULB), l’invité de Bernard Hennebert pour un débat à la Fnac de Bruxelles, à l’occasion de la parution de son livre où il décrit tout ce qu’il a vécu et constaté pendant ses études de journalisme : «Les petits soldats du journalisme» (éditions Les Arènes»).