Un droit? Recevoir réponse à ses plaintes culturelles

C’est un droit essentiel à conquérir, au moins en Europe:
Voyez comment le Musée de L’Hermitage d’Amsterdam se tait!

« Répondre de manière circonstanciée aux plaintes écrites des usagers qui lui sont adressées, dans les 30 jours de leur envoi »: tel est le quinzième droit mentionné dans le « Code de respect des usagers culturels » appliqué obligatoirement par tous les organisateurs culturels subsidiés, depuis avril 2006, en Fédération Wallonie Bruxelles.

> Le texte complet de ce Code.
> Histoire de l’élaboration de ce Code.

Il serait temps que ce droit évident à recevoir une réponse aux plaintes culturelles soit appliqué ailleurs: dans les institutions fédérales belges, dans la partie flamande et germanophone du pays…

Et, au moins, dans toute l’Europe, tant par les organisateurs publics que privés.

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Voici un exemple concret d’une plainte qui ne recevra aucune réponse. Elle a été envoyée une première fois, le 21 août 2012 à 16H58, par courriel, au Musée de L’Hermitage d’Amsterdam.

Un rappel a été effectué en vain à la même adresse, le 12 septembre 2012.

Texte de la plainte:

(…) Votre musée s’intéresse au public francophone et pense pouvoir le capter puisqu’il a conçu et diffuse un dépliant de présentation dans cette langue.

D’autre part, il a également conçu une version en français pour l’audioguide (dont la location coûte au visiteur 4 euros, en plus du droit d’entrée à 15 euros).

Il ne suffit pas d’attirer des visiteurs, il convient aussi de bien les accueillir et de leur faciliter la tâche dans la compréhension de l’exposition.

Mais… à l’inverse d’autres langues comme le néerlandais, l’anglais, etc., qui disposent également de dépliants et d’audioguides spécifiques, le français n’est pas utilisé dans les cartels, c’est-à-dire les panneaux qui commentent les différentes œuvres exposées dans votre exposition « Impressionism ».

1 / C’est regrettable.

Vous allez me répondre: il n’y a pas la place pour proposer des « cartels » dans toutes les langues…
Lorsqu’on veut respecter les visiteurs, on peut… Voici un extrait de mon livre Les musées aiment-ils le public?:

« (…) au Rijksmuseum, en 2001, pour l’exposition Rembrandt: le maître et son atelier, une solution originale avait été trouvée.

Un petit livret multilingue de 64 pages qui contenait des notes détaillées qui resituaient les œuvres exposées était offert aux visiteurs.

Une formule analogue fut utilisée pour l’exposition consacrée à Jean Van Eyck à Bruges en 2002: « Il est une nouveauté qui, d’Amsterdam à Bruges, transforme au moins la posture des visiteurs d’exposition. C’est l’absence d’explications aux murs et le minimalisme absolu des cartels apposés à côté des tableaux, que remplace désormais un livret gratuit donné au spectateur payant. On ne s’incline plus pour lire les informations, c’est déjà l’annonce d’une bonne nouvelle » (extrait de Libération, 06/04/2002).

L’exposition Frida Kahlo y su mundo à Bruxelles, en 2010, reprend cette technique: un livret de cinquante pages propose la bio de l’artiste ainsi que des présentations détaillées en français, néerlandais et anglais de la trentaine d’œuvres exposées à Bozar.

Jamais une telle somme d’information ne pourrait prendre place sur les murs et, si c’était le cas, sans doute y aurait-il encombrement des regards pour tenter de les lire.

Le livret permet à chacun de découvrir selon son rythme ces différentes données. On comprendrait que l’organisateur de l’exposition ne fasse que prêter ces documents et qu’ils lui soient restitués en fin de visite. Ici, c’est cadeau. Sans doute financé grâce au sponsor affiché dans ladite publication (…). ».

Il existe bien d’autres moyens pour donner des explications détaillées alors que le lieu de l’exposition est réduit.

L’exposition « Tables en majesté » innove ainsi. Elle est accessible jusqu’au 9 septembre 2012 au musée BELvue à Bruxelles. De plus, elle offre ce nouveau service, alors que son entrée est gratuite pour le public.

Comme le montre la photo (ci-dessous), on peut lire les textes en néerlandais, en français, en anglais et en allemand, simplement en tirant (vers le bas) sur une des 4 lichettes qui fait se dérouler les explications dans la langue de votre choix:

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En résumé, ma question: puisque les techniques pour le réaliser sont nombreuses, ne trouvez-vous pas normal de proposer pour vos expositions, à l’avenir, des cartels dans les langues où vous publiez un dépliant promotionnel et un audioguide (payant ou pas)?

2 / D’autre part, ne trouvez-vous pas qu’une des nombreuses informations utiles dont le public devrait pouvoir disposer AVANT d’acheter son ticket serait ici, en l’occurence, de savoir dans quelles langues sont traduits les cartels de l’exposition?

Cela ne vous coûtera aucun euro de mentionner dans vos dépliants, sur votre site internet et sur un panneau indicatif au comptoir dans l’entrée du musée: « Voici la liste des langues utilisées pour présenter les œuvres dans les salles de notre exposition: …., …., …. et …. ».

Cette information préalable à l’achat du ticket ne vous semble-t-elle pas un nouveau droit sur lequel devrait pouvoir compter vos visiteurs?

Pourriez-vous vous engager à le prévoir dès votre prochaine exposition?

Je vous remercie d’avoir été attentif à mes réflexions que j’espère constructives.

Dans l’attente de lire vos réponses, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.