Nos médias (N°73 / 4 novembre 2008)

Sur cette page:

  1. L’article paru dans “Le Journal du Mardi” du 04/11/2008.
  2. Voyez comme ce musée est beau!
  3. Ma lettre adressée à Michel Draguet, Directeur général des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.
  4. Présentation et commentaires concernant le reportage de “Télé-Bruxelles” diffusé le 05/11/2008.
  5. La lettre adressée par le Sénateur Jean Cornil à la Ministre Sabine Laruelle, le 23/11/2008.


1. L’article paru dans “Le Journal du Mardi” du 04/11/2008.

Le musée Constantin Meunier est déserté le week-end: C’est 80 euros… la visite du musée gratuit!

À Paris, quand il fait beau temps, le public ferait la file sur le trottoir pour découvrir gratuitement un atelier aussi authentique et renfermant tant d’œuvres majeures produites par un sculpteur connu dans le monde entier! À Bruxelles, le Gouvernement fédéral et la direction des Musées Royaux des Beaux Beaux-arts de Belgique (MRBAB) ont rendu exsangue de tout public le Musée Constantin Meunier, un joyau artistique de notre capitale Européenne.

On pense à Daumier ou Zola

Constantin Meunier? Vous pouvez admirer ses sculptures dans les plus grands musées de France ou des Etats-Unis… À Ixelles, la maison où il mourut en 19O5 est conservée avec son atelier et sa belle verrière pour abriter nombre de ses chefs d’œuvres: des peintures et des statues qui, le plus souvent, montrent la noblesse et l’exploitation du monde du travail. On pense à Courbet, à Daumier, aux textes de Zola. Beaucoup de croquis ou de sculptures de Constantin Meunier lui ont été inspirés par ses voyages durant le dernier quart du XIXème au Pays Noir et ses industries lourdes: la verrerie du Val-Saint-Lambert ou les hauts fourneaux de Seraing. Mais aussi le port d’Anvers et ses dockers, les briqueteries de Boom et ses ouvriers.

Mensonge par omission

Etrange et progressive déperdition de la gratuité! Autrefois, le Musée situé à une enjambée de l’Abbaye de la Cambre était facilement accessible et gratuit semaine et w-e.

Puis, le manque de personnel transforma l’offre du samedi et du dimanche: le musée ouvrit en alternance un w-e sur deux avec le Musée Wiertz.

Enfin, on est revenu à une ouverture tous les week-ends, mais de manière quasi dissuasive: il faut prendre rendez-vous pour les visites individuelles. Puis, petit à petit, cette offre s’est limitée aux groupes.

Et aujourd’hui? Les annonces proposées au public sont contradictoires:

  1. Dans l’agenda de “La lettre aux amis des Musées Royaux des Beaux-arts” (numéro valable jusque fin novembre 2008), il est noté “(…) Week-end, sur rendez-vous pour les groupes uniquement. Entrée gratuite”.
  2. Mais… depuis plusieurs années, nous avons constaté qu’une plaque bien accrochée sur la façade (définitivement?) indique “Avis aux visiteurs: faute de personnel, nous sommes contraints de fermer le musée, ce week-end. Veuillez nous en excuser”. “Ce w-e” ou tous les w-e?
  3. Dans un document explicatif donné aux visiteurs qui ont franchi l’entrée du musée, on peut lire: “Week-end: ouvert pour groupes, après réservation de visite guidée”.

Le week-end, existerait-il donc un public particulier incapable de visiter le musée sans un guide, alors que c’est possible en semaine? Francisca Vandepitte, la Conservatrice du Musée Meunier, explique: “Pendant le w-e, le MCM est ouvert à la demande de groupes accompagnés d’un guide. Le tarif est le tarif courant d’une visite guidée. L’accès est gratuit”.

Dans la communication des MRBAB, le mensonge par omission consiste donc à occulter le fait que la visite guidée est obligatoire le w-e et coûte 80 euros, prix pour 20 personnes au maximum. Mais l’entrée, bien sûr, reste gratuite!

Je suis le seul visiteur de la journée!

La Conservatrice nous avoue que, pour ces visites du w-e: “les demandes sont peu nombreuses”. En semaine (du mardi au vendredi) le musée reste réellement gratuit et accessible sans réservation. Mais à quoi bon! Les MRBAB ne font que bien peu d’effort pour assurer la promotion de ce patrimoine de premier ordre. Ainsi, actuellement et jusqu’au 4 janvier prochain, se tient dans les locaux du Musée d’Art Ancien, au 3, rue de la Régence, l’exposition “Meunier à Séville: l’ouverture Andalouse”. Michel Draguet, le Directeur général, exulte dans le catalogue: “Meunier reprend place aux MRRAB”. Mais, en même temps, aucune information dans ce catalogue et aucun avis à la sortie de l’exposition temporaire n’indiquent aux visiteurs conquis l’existence et la localisation du Musée du 59 de la rue de l’Abbaye! Une belle occasion manquée de faire sans aucun frais un coup de promo auprès d’une cible idéale. Amateurisme de la direction des MRRAB ou volonté d’éviter de populariser ce musée dont l’entrée est (officiellement) gratuite?

Or, la fréquentation est catastrophique. Hors les visites en groupe, le Musée ne doit attirer au maximum qu’une moyenne de 5 personnes par jour! Cette hypothèse, je la formule après avoir parcouru quelques pages de l’agenda qui se trouve sur la table du gardien et où, à l’ancienne, sont notées scrupuleusement avec de petites croix, jour après jour, les visites engrangées.

Le vendredi 15 février 2008, j’ai visité ce musée, une heure avant sa fermeture. Il faut sonner. Un premier gardien ouvre la porte et me précède, allumant au fur et à mesure l’éclairage des différentes pièces. Son collègue les éteint après mon passage. Ils m’apprendront que je suis le premier et le seul visiteur de cette journée.

Deux autres éléments illustrent cette pénurie de visiteurs et l’amateurisme de l’accueil. Il reste encore beaucoup de pages vierges dans le livre d’or, un simple carnet toilé qui a été entamé en 1958… À l’entrée, sont accessibles quelques dépliants d’autres activités culturelles, la majorité d’entre-eux étant périmés!

Musées fédéraux discriminatoires

Mis à Part le Musée de l’Armée qui est gratuit tous les jours et attire un nombre impressionnant de visiteurs (près de 200.000 par an), presque tous les Musées Fédéraux sont devenus payants, il y a une petite quinzaine d’années. Ensuite, le Gouvernement a décidé que ces musées devraient mettre en place la gratuité du premier mercredi du mois. Celle-ci est fort réduite puisqu’elle commence après 13H00: pour empêcher les visites scolaires en matinée? Comme elle est sensée s’adresser à tous les publics, on peut affirmer qu’elle est discriminatoire puisqu’elle est inaccessible pour la population active. Et finalement, il en est quasi de même pour le Musée Meunier qui pourtant y fait exception. Cette même population active “peut se brosser” puisqu’en semaine, précisément pendant l’heure de table, c’est gratuit, sans réservation, mais… fermé! (ouverture, du mardi au vendredi, de 10H00 à 12H00 et de 13H00 à 17H00).

Pour mettre fin à ce gaspillage humain

Voici la proposition que nous avons soumise au Dr Francisca Vandepitte: “On comprend bien sûr et on est solidaire des difficultés financières des musées mais justement, nous demandons de mettre fin à ce gaspillage humain. Du mardi au vendredi, deux gardiens sont mobilisés toute la journée pour une fréquentation minime. Il serait beaucoup plus rentable socialement d’inverser les conditions actuellement en vigueur. Nous proposons qu’en semaine, les visites se fassent en groupe et sur réservation et que l’ouverture normale et gratuite se déroule le week-end de 10H00 à 17H00. Bien sûr, le gardiennage se paiera plus cher le week-end (2 journées), mais cette différence sera entièrement compensée puisque des économies tout aussi importantes se feront sur le double de journées (4 journées) de la semaine lorsque les visites s’y feront sous réservation”.

La Conservatrice nous répond: “Vous savez que le Musée Constantin Meunier dépend des MRBAB et la gestion se fait par ses services (…) Pendant le w-e, les équipes sont réduites à 50%, le salles ouvertes sont à 100 % et le nombre de visiteurs est plus élevé comparé aux jours de la semaine. Vous comprenez donc qu’il est impératif de garder le peu de surveillants disponibles à l’endroit le plus fréquenté. Quant àune amélioration éventuelle de cette situation, je necache pas mon pessimisme compte tenu dela conjoncture actuelle.”.

Si on lit bien entre les lignes, ceci veut dire: il y a moins de gardiens, le week-end, car les prestations sont plus chères et donc on les concentre surtout aux Musées d’Art Ancien et Moderne. Pour faire évoluer cette situation, adressez-vous à Michel Draguet, Directeur général des MRBAB.

Nous allons donc demander à celui-ci de sortir sa calculette et, pour le Musée Meunier, nous espérons qu’il sera immédiatement convaincu que la concrétisation de notre proposition ne lui coûtera pas un euro supplémentaire. Si, quand même… quelques euros, car il faudra racheter rapidement un nouveau livre d’or, un public beaucoup plus nombreux que par le passé voulant y exprimer sa satisfaction d’avoir enfin pu avoir accès à un aussi beau musée.


2. Voyez comme ce musée est beau!

Nous avons réussi avec Consoloisirs (ce ne fut pas facile à obtenir…) à visiter gratuitement ce musée, le premier dimanche d’avril 2008. Ce qui démontre qu’avec un peu de promo, on peut donner envie à bien plus de cinq personnes par jour de découvrir ce lieu!

Voici quelques très belles photos de cette visite assez exceptionnelle:
http://www.consoloisirs.be/dimanches/080406.html


3. Ma lettre adressée à Michel Draguet, Directeur général des MRBAB, le 3 novembre 2008

Monsieur le Directeur général des MRBAB,

Etrange et progressive déperdition de la gratuité du Musée Constantin Meunier! Autrefois, ce Musée était facilement accessible et gratuit semaine et w-e.

Puis, le manque de personnel transforma l’offre du samedi et du dimanche: le musée ouvrit en alternance un w-e sur deux avec le Musée Wiertz.

Enfin, on est revenu à une ouverture tous les week-ends, mais de manière quasi dissuasive: il faut prendre rendez-vous pour les visites individuelles.

Puis, petit à petit, cette offre s’est limitée aux groupes.

Et aujourd’hui?

Les annonces proposées au public sont contradictoires:

1/ Dans l’agenda de “La lettre aux amis des Musées Royaux des Beaux-arts” (numéro valable jusque fin novembre 2008), il est noté “(…) Week-end, sur rendez-vous pour les groupes uniquement. Entrée gratuite”.

Demandant, la semaine dernière, des renseignements sur les visites durant le week-end pour le Musée Meunier à l’accueil (le stand des amis du musée) dans le grand hall du Musée d’Art Ancien et Moderne, c’est un exemplaire de cette brochure qui me fut remis pour m’informer.

2/ Mais… depuis plusieurs années, j’ai constaté qu’une plaque bien accrochée sur la façade (définitivement?) indique “Avis aux visiteurs: faute de personnel, nous sommes contraints de fermer le musée, ce week-end. Veuillez nous en excuser”.

“Ce w-e” ou tous les w-e?

3/ Dans un document explicatif donné aux visiteurs qui ont franchi l’entrée du musée, on peut lire: “Week-end: ouvert pour groupes, après réservation de visite guidée”.

Le week-end, existerait-il donc un public particulier incapable de visiter le musée sans un guide, alors que c’est possible en semaine?

Mme Francisca Vandepitte, la Conservatrice du Musée Meunier, m’a indiqué: “Pendant le w-e, le MCM est ouvert à la demande de groupes accompagnés d’un guide. Le tarif est le tarif courant d’une visite guidée. L’accès est gratuit”.

Dans la communication des MRBAB, le mensonge par omission consiste donc à occulter le fait que la visite guidée est obligatoire le w-e et coûte 80 euros (prix qui m’a été communiqué la semaine dernière), prix pour 20 personnes au maximum. Mais l’entrée, bien sûr, reste gratuite!

La Conservatrice m’avoue que, pour ces visites du w-e: “les demandes sont peu nombreuses”.

En semaine (du mardi au vendredi) le musée reste réellement gratuit et accessible sans réservation. Mais à quoi bon! Les MRBAB ne font que bien peu d’effort pour assurer la promotion de ce patrimoine de premier ordre.

Ainsi, actuellement et jusqu’au 4 janvier prochain, se tient dans les locaux du Musée d’Art Ancien, l’exposition “Meunier à Séville: l’ouverture Andalouse”. Vous indiquez dans le catalogue: “Meunier reprend place aux MRRAB”.

Mais, en même temps, aucune information dans ce catalogue et aucun avis à la sortie de l’exposition temporaire n’indiquent aux visiteurs conquis l’existence et la localisation du Musée du 59 de la rue de l’Abbaye!

Voilà une belle occasion manquée de faire sans aucun frais un coup de promo auprès d’une cible idéale.

Or, la fréquentation de ce Musée me semble catastrophique.

Hors les visites en groupe, le Musée ne doit attirer au maximum qu’une moyenne de 5 personnes par jour!

Cette hypothèse, je la formule après avoir parcouru quelques pages de l’agenda qui se trouve sur la table du gardien et où, à l’ancienne, sont notées scrupuleusement avec de petites croix, jour après jour, les visites engrangées.

Le vendredi 15 février 2008, j’ai visité ce musée, une heure avant sa fermeture. Il faut sonner. Un premier gardien ouvre la porte et me précède, allumant au fur et à mesure l’éclairage des différentes pièces. Son collègue les éteint après mon passage. Ils m’apprendront que je suis le premier et le seul visiteur de cette journée.

Deux autres éléments illustrent cette pénurie de visiteurs et l’amateurisme de l’accueil. Il reste encore beaucoup de pages vierges dans le livre d’or, un simple carnet toilé qui a été entamé en 1968… À l’entrée, sont accessibles quelques dépliants d’autres activités culturelles, la majorité d’entre-eux étant périmés!

Voici la proposition que j’ai soumise au Dr Francisca Vandepitte: “On comprend bien sûr et on est solidaire des difficultés financières des musées mais justement, nous demandons de mettre fin à ce gaspillage humain. Du mardi au vendredi, deux gardiens sont mobilisés toute la journée pour une fréquentation minime. Il serait beaucoup plus rentable socialement d’inverser les conditions actuellement en vigueur. Nous proposons qu’en semaine, les visites se fassent en groupe et sur réservation et que l’ouverture normale et gratuite se déroule le week-end de 10H00 à 17H00. Bien sûr, le gardiennage se paiera plus cher le week-end (2 journées), mais cette différence sera entièrement compensée puisque des économies tout aussi importantes se feront sur le double de journées (4 journées) de la semaine lorsque les visites s’y feront sous réservation”.

La Conservatrice m’a répondu: “Vous savez que le Musée Constantin Meunier dépend des MRBAB et la gestion se fait par ses services (…) Pendant le w-e, les équipes sont réduites à 50%, le salles ouvertes sont à 100% et le nombre de visiteurs est plus élevé comparé aux jours de la semaine. Vous comprenez donc qu’il est impératif de garder le peu de surveillants disponibles à l’endroit le plus fréquenté. Quant àune amélioration éventuelle de cette situation, je necache pas mon pessimisme compte tenu dela conjoncture actuelle.”.

Si on lit bien entre les lignes, ceci veut dire: il y a moins de gardiens, le week-end, car les prestations sont plus chères et donc on les concentre surtout aux Musées d’Art Ancien et Moderne. Pour faire évoluer cette situation, adressez-vous à Michel Draguet, Directeur général des MRBAB.

Voilà donc pourquoi très positivement je m’adresse à vous, puisque la décision (et le pessimisme de votre Conservatrice) est entre vos mains.

Prenez donc votre calculette et, pour le Musée Meunier, nous espérons que vous serez immédiatement convaincu que la concrétisation de notre proposition ne coûtera aux MRBAB pas un euro supplémentaire.

Si, quand même… quelques euros, car il faudra racheter rapidement un nouveau livre d’or, un public beaucoup plus nombreux que par le passé voulant y exprimer sa satisfaction d’avoir enfin pu avoir accès à un aussi beau musée.

Il s’agit, bien entendu, d’adapter quelque peu le recrutement de votre personnel mais je n’ose imaginer qu’il ne s’agit-là d’un obstacle majeur à une évolution qui financièrement parlant n’occasionnerait aucun frais supplémentaire.

Vous avez d’ailleurs bien vu que le Dr Francisca Vandepitte, elle-même, ne remet nullement en question le contenu de ma proposition.

Vous trouverez en annexe l’article que Le Journal du Mardi publiera demain, le 4 novembre 2008, sur cette thématique.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

Bernard Hennebert


4. Présentation et commentaires concernant le reportage de “Télé-Bruxelles” diffusé le 05/11/2008.

Après la diffusion de cet article…
Michel Draguet a (très mal) réagi dans le JT de Télé-Bruxelles du 05/11/2008

Le lendemain de la parution dans “Le Journal du Mardi” de l’enquête intitulée “Le Musée Constantin Meunier est déserté le week-end: C’est 80 euros… la visite du musée gratuit!”, Télé-Bruxelles a proposé un reportage dans son journal télévisé du 05/11/2008 au cours duquel David Courier interroge Michel Draguet, le Directeur général des Musées Royaux des Beaux Beaux-arts de Belgique (MRBAB).

Vous pouvez visionner cette séquence sur le site de Télé-Bruxelles
(la séquence commence à la 16 ème minute du JT).

Voici mes réflexions après la vision de cette séquence:

1: Diaboliser pour ne pas dialoguer?

Mr Draguet déclare qu’il écoute tous les visiteurs mais pas particulièrement Mr Hennebert parce que, dit-il: “…personnellement, j’ai un côté un peu sceptique par rapport à ces groupes de pression qui défendent toujours des intérêts mal digérés souvent”.

Voilà… de quoi rester sur sa faim car aucun exemple n’étayera ce qu’il entend par “intérêts mal digérés”, qualification plutôt dévalorisante lancée ainsi abruptement face à des milliers de téléspectateurs!

2: Donnez-moi la dotation de Consoloisirs!

À l’écouter, la vie tournerait plus rond si l’on supprimait, dans un autre secteur, les subsides du CRIOC pour les ristourner à Belgacom, GB ou Toyota!

Il semble en effet que Mr Draguet n’apprécie guère les associations ou les représentants des usagers. Il enfoncera ainsi le clou plus loin dans son interview: “Si, au lieu de doter des groupes de pression comme celui-là, on dotait les institutions… Peut-être qu’avec la dotation de Consoloisir, on pourrait avoir un gardien de plus (au Musée Meunier) et alors, on ferait plaisir à Mr Hennebert!”.

Mais Monsieur Draguet lit-il attentivement son courrier? Il serait alors censé savoir que ni Mr Hennebert, ni Consoloisirs n’ont de “dotation”, qu’ils n’en recherchent pas puisqu’ils agissent volontairement de manière bénévole.

Pourquoi lancer alors cette contrevérité au public de Télé-Bruxelles? Pour tenter de dévaloriser l’auteur de la plainte? Pourtant, le lucre n’est en aucun cas le moteur.

Dans un courrier daté du 11 juin 2008 (à propos d’une autre plainte toujours non résolue), Mr Hennebert indiquait on ne peu plus clairement à Mr Draguet: “Je tiens à vous rappeller ici que je mène toute cette activité bénévolement (et j’y tiens), sans aucune carte de parti précis et à titre tout à fait individuel. Prenez le comme un geste d’un citoyen qui tient à prouver que le monde institutionnel peut tenir compte d’initiatives de simples citoyens si celles-ci correspondent à l’intérêt public et sont matériellement réalisables”.

3: “Cela brime peut-être le public”…

Dans son interview à TLB, pour la première fois publiquement, Michel Draguet confirme que le w-e, il faut absolument former un groupe, réserver et payer 80 euros un guide pour pouvoir découvrir (à 20 au maximum) le Musée Constantin Meunier qui est censé être gratuit tous les jours.

Cette obligation d’une visite guidée payante n’est pas mentionnée dans les tarifications indiquées par le musée (brochures, site internet, etc.) où, par contre, l’aspect “gratuit” y souligné. Il s’agit donc d’une “communication” qui abuse le public.

Mr Draguet indique donc pour la première fois de manière publique: “On a gardé la gratuité d’accès au musée mais c’est vrai qu’on ne peut accueillir que des groupes, et les seuls groupes que nous acceptons sont des groupes qui font des visites guidées. Alors, c’est un certain type de public, certes. Cela brime peut-être le public qui ne pourrait pas venir le w-e en accès libre… mais nous n’avons pas le personnel pour le faire”.

On peut se demander pourquoi le public du w-e doit réserver et venir en groupe, alors que ceci n’est pas prévu en semaine.

Il y a là une vrai discrimination de la population active… En plus, pour celle-ci, même la “pause de midi” lui est refusée en semaine, quand les visite individuelles sont permises, puisque le musée ferme de 12H00 à 13H00. Qu’en pense le Gouvernement fédéral?

4: Pourquoi Mr Draguet ne réagit-il pas à ma proposition positive?

Lorsque Mr Draguet indique au public de Télé-Bruxelles qu’il n’a pas de personnel pour permettre au public de venir en accès libre le w-e, il ignore la proposition que je viens de lui faire dans une lettre que je lui ai adressée, ce 3 novembre 2008;

Cette proposition ne lui coûtera pas un euro et est donc possible, financièrement parlant. Voilà sans doute pourquoi il ne faut surtout pas en débattre…

Là, pourtant, se trouve sans doute la solution positive au problème auquel Mr Draguet semble indifférent: comment faire revenir le public qui a déserté le Musée Constantin Meunier.

Il est donc important que Mr Draguet se posionne par rapport à ma proposition.

Je lui écrivais, ce 3 novembre 2008:

“(…) Voici la proposition que j’ai soumise au Dr Francisca Vandepitte, la conservatrice du Musée Meunier: “On comprend bien sûr et on est solidaire des difficultés financières des musées mais justement, nous demandons de mettre fin à ce gaspillage humain. Du mardi au vendredi, deux gardiens sont mobilisés toute la journée pour une fréquentation minime. Il serait beaucoup plus rentable socialement d’inverser les conditions actuellement en vigueur. Nous proposons qu’en semaine, les visites se fassent en groupe et sur réservation et que l’ouverture normale et gratuite se déroule le week-end de 10H00 à 17H00. Bien sûr, le gardiennage se paiera plus cher le week-end (2 journées), mais cette différence sera entièrement compensée puisque des économies tout aussi importantes se feront sur le double de journées (4 journées) de la semaine lorsque les visites s’y feront sous réservation”.

La Conservatrice m’a répondu: “Vous savez que le Musée Constantin Meunier dépend des MRBAB et la gestion se fait par ses services (…) Pendant le w-e, les équipes sont réduites à 50%, le salles ouvertes sont à 100 % et le nombre de visiteurs est plus élevé comparé aux jours de la semaine. Vous comprenez donc qu’il est impératif de garder le peu de surveillants disponibles à l’endroit le plus fréquenté. Quant àune amélioration éventuelle de cette situation, je necache pas mon pessimisme compte tenu dela conjoncture actuelle.”.

Si on lit bien entre les lignes, ceci veut dire: il y a moins de gardiens, le week-end, car les prestations sont plus chères et donc on les concentre surtout aux Musées d’Art Ancien et Moderne. Pour faire évoluer cette situation, adressez-vous à Michel Draguet, Directeur général des MRBAB.

Voilà donc pourquoi très positivement je m’adresse à vous, puisque la décision (et le pessimisme de votre Conservatrice) est entre vos mains.

Prenez donc votre calculette et, pour le Musée Meunier, nous espérons que vous serez immédiatement convaincu que la concrétisation de notre proposition ne coûtera aux MRBAB pas un euro supplémentaire.

Si, quand même… quelques euros, car il faudra racheter rapidement un nouveau livre d’or, un public beaucoup plus nombreux que par le passé voulant y exprimer sa satisfaction d’avoir enfin pu avoir accès à un aussi beau musée.

Il s’agit, bien entendu, d’adapter quelque peu le recrutement de votre personnel mais je n’ose imaginer qu’il ne s’agit-là d’un obstacle majeur à une évolution qui financièrement parlant n’occasionnerait aucun frais supplémentaire.

Vous avez d’ailleurs bien vu que le Dr Francisca Vandepitte, elle-même, ne remet nullement en question le contenu de ma proposition.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.”.

5: JT de Télé-Bruxelles: deux éléments complémentaires

Voici deux extraits éloquents du commentaire de David Courier, le journaliste de Télé-Bruxelles:

“Exemple indiscutable (de la “communication” déplorable du Musée): cette plaque à l’entrée du musée. Elle indique que le Musée est fermé “ce wee-end”… Un “week-end” plutôt prolongé puisque cette plaque est là depuis les années quatre-vingt! Sauf que cet après-midi, un discret coup de fil de la direction aura permis de la déboulonner illico”.

En guise de conclusion: “Reste tout de même un problème criant. On l’a compris: il est économique et plutôt inquiétant car le robinet fédéral a tendance, ces derniers temps, à s’assécher mais, entre l’obligation de visites guidées à 80 euros et une gratuité complète qui pénaliserait les activités des musées, il y a peut-être un milieu plus juste à trouver”.


5. La lettre adressée par le Sénateur Jean Cornil à la Ministre Sabine Laruelle, le 23/11/2008.

Le 13 novembre 2008, le Sénateur Jean Cornil (PS) a envoyé le courrier suivant à Madame Sabine Laruelle (MR), Ministre des PME, des Indépendants, de l’Agriculture et de la politique scientifique (Avenue de la Toison d’Or 87, 1060-Bruxelles).

“…Constantin Meunier, peintre et sculpteur bruxellois est une des figures majeures de la scène culturelle belge et un artiste internationalement reconnu. Ses œuvres sur la vie ouvrière du 19ème siècle sont un témoignage extraordinaire de notre histoire sociale. Malheureusement, sa maison-atelier qui est aujourd’hui un des musées royaux des Beaux-arts de Belgique ne semble pas attirer le public qu’il mérite.

Dans un article paru dans “Le Journal du Mardi” du 4 novembre 2008, j’ai été surpris de constater que le musée est ouvert et gratuit le week-end mais réservé aux groupes. Ces derniers sont dans l’obligation de prendre un guide qu’il faut rémunérer à raison de 80 euros. La gratuité du musée est donc bien relative.

Par ailleurs la gratuité en semaine ne permet pas aux personnes actives de visiter ce musée financé par l’argent des contribuables. C’est ainsi qu’un examen du registre des visites en semaine, du mardi au vendredi, permet de constater que la fréquentation ne dépasse pas une moyenne de 5 personnes par jour tout en mobilisant 2 gardiens.

Tout en étant conscient des difficultés financières des musées ne serait-il pas judicieux d’inverser les conditions d’accès actuelles. La proposition de Bernard Hennebert, l’auteur de l’article, vise à organiser les visites en groupe sur réservation en semaine et à ouvrir le musée soit ouvert gratuitement et individuellement le week-end de 10H00 à 17H00. Le gardiennage se paierait plus cher le samedi et le dimanche mais serait compensé par les économies réalisées durant les 4 jours d’ouverture de la semaine lorsque les visites s’y feront sous réservation.

Puis-je me permettre de vous ce que pensez-vous de cette proposition qui devrait permettre d’augmenter sensiblement la fréquentation de ce musée qui est aujourd’hui exsangue de public?

En vous remerciant de votre attention, je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.