Lettre de lecteur envoyée à divers journaux belges et français

De la « médiation » sans résolution de conflit!

Les émissions de médiation sont une particularité des télévisions publiques francophones de deux pays voisins, la France et la Belgique.

Elles ont consacré le même jour, le 24 juin dernier, leur dernier numéro de cette saison à la médiatisation de la Coupe du monde et c’est d’une même problématique qu’il y fut question: l’omniprésence de la relation de cet événement dans les programmes qui a pour conséquence le fait que d’autres informations ou d’autres programmes soient supprimés ou relégués au second plan.

Mais ces émissions – « L’Hebdo du médiateur » (pour France 2) et « Décode » (pour la RTBF) – démontrent, hélas, que les chaîne de télé sont incapables de faire de la médiation car, bien entendu, elles sont « juge et partie ». Leur recette commune: dialoguer sur la thématique mais éviter de proposer des évolutions concrètes à appliquer à l’antenne. Il s’agit donc d’une « médiation » sans résolution de conflit!

Dans l’émission de France 2, ne sera pas traitée la demande des téléspectateurs de ne plus consacrer le premier quart d’heure du 20 H à la compétition pour mieux respecter la hiérarchie des événements qui agitent le monde, et donc de reporter ce développement sportif en fin de JT.

À la RTBF, l’impasse sera faite sur le constat pertinent d’une téléspectatrice qui regrette que la diffusion des matchs en direct sur la deuxième chaîne en fin d’après-midi a éliminé de la grille les émissions pour enfants qui y sont habituellement présentées. Et pourquoi ne pas les faire basculer sur l’autre chaîne? « Les enfants sont complètement oubliés! Je fais remarquer que sur La Une, au même moment, ce sont des séries sans intérêt » expliqua-t-elle… en vain!

Or, ces émissions de médiation, dans les années à venir, seront des outils de contre-pouvoir encore plus essentiels pour les téléspectateurs qui tenteront de limiter l’influence de plus en plus prégnante des intérêts des publicitaires sur les choix éditoriaux de leurs chaînes de service public. En effet, les directions de France 2 et de la RTBF ont récemment affirmé publiquement, chacune, leur intérêt pour conquérir plus de budgets d’annonceurs et l’on sait que la prochaine Directive Télévision Sans Frontière va sans doute permettre à la publicité d’envahir davantage les petits écrans européens et d’y être présente à l’intérieur même des émissions.

Il convient donc d’externaliser la médiation, comme cela se passe dans d’autres secteur de la vie sociale ou économique.

Pour la RTBF, la Médiatrice de la Communauté française a déjà fait acte de candidature dans le cas où ce cas de figure serait envisagé. Et pour France 2, pourquoi le Médiateur de la République n’agirait-il pas de même?