Nos médias (N°3 / 04 avril 2006)

Le public est largement désinformé des enjeux

Les cinq journées d’auditions publiques des parlementaires à propos des obligations que la RTBF devra réaliser entre 2007 et 2012 se sont déroulées entre le 18 janvier et le 22 mars. Au total, une trentaine d’heures de réflexion et parmi les sujets les plus disputés: les évolutions technologiques, Bel-Arte, la pression publicitaire, la médiation, l’éducation aux médias, la manière de contrôler si la RTBF respectera bien son prochain contrat de gestion et le fait de savoir si celui-ci doit être très précis ou proposer plutôt de grandes orientations, ce qui constituerait un (dangereux) blanc-seing offert à sa direction qui, ces dernières années, a largement entamé la marque citoyenne de ses chaînes.

En 2001, lors de l’élaboration du contrat de gestion en cours actuellement, les auditions furent plus nombreuses et la presse écrite ainsi que la RTBF elle-même relayèrent bien davantage ce qui s’y déroula, sans doute parce que la situation financière du service public était particulièrement périlleuse. Aujourd’hui, ce sont plutôt les choix éditoriaux qui posent problème, ce qui aurait pu tout autant interpeller!

Plusieurs journalistes suivirent l’audition de l’administrateur général Jean-Paul Philippot (PS) programmée au cours de la matinée de la première journée d’audition. Pendant qu’ils rédigeaient leurs papiers à paraître le lendemain, ils manquèrent les travaux de l’après-midi, ce qui les empêcha d’offrir à leurs lecteurs un vrai débat contradictoire. Sont ainsi passées au bleu les réflexions de Jean-François Rasquin, président du CA de la RTBF (CDH), d’Alain Vaessen, président de la société des journalistes de la RTBF, ainsi que celles d’une délégation de syndicalistes-maison.

Quant aux autres journées d’audition, une relation dans l’un ou l’autre de la demi-douzaine de nos quotidiens aura valeur d’exception.

On confisquerait au public un débat démocratique qu’on ne s’y prendrait pas autrement! Alors que les radios et les télés de la RTBF font partie de leur quotidien.