Nos médias (N°4 / 11 avril 2006)

Impulser de nouveaux programmes publics

Pendant trois ans, la direction de la RTBF refusa de prendre en compte la demande de créer un journal télévisé des enfants, lui préférant la mise sur orbite d’un JT du matin, projet qui aurait favorisé l’accroissement de la présence publicitaire dès l’ouverture de l’antenne. Poussé par le secteur associatif, le gouvernement a finalement inscrit cette exigence dans le contrat de gestion, ce qui a permis la naissance des « Niouzz », l’un des fleurons ertébéens. Il en sera de même pour « Qu’en Dites-Vous? », l’émission de médiation naguère présentée par J.J.Jespers, ou « Ça bouge », l’agenda associatif.

Les parlementaires et le ministre de l’audiovisuel se doivent donc de définir régulièrement l’évolution des besoins sociétaux et d’y adapter les contenus éditoriaux de la RTBF car si on laisse les coudées franches à la direction de cette dernière, on voit bien qu’elle préfère miser sur des clones des chaînes privées ( « C’est du belge », « Femmes de cristal », etc.).

Jusqu’à présent, la ministre Laanan prône de nouveaux programmes mensuels de variétés ou « à destination des communautés socioculturelles minoritaires ».

Après les congés de Pâques, les auteurs de la pétition « Un autre traitement pour l’éducation »(1) ont bien raison d’avoir pris rendez-vous auprès de plusieurs de nos ministres! Ils constatent que leur thématique est bien moins traitée que l’habitat, la météo ou les questions d’argent, alors qu’elle est diversifiée et concerne un vaste public: « Education physique, artistique ou sexuelle… Des familles aux mouvements de jeunesse, des écoles aux plaines de jeux. Que de terrains à investiguer! Que d’acteurs mobilisés et passionnés! ». La politique éducative mérite mieux qu’un feuilleton sensationnaliste dans les JT, lorsqu’une irruption de violence embrase une école.

Certains parents n’éduquent plus leurs enfants? Que les médias publics remplissent au moins des missions de formation destinées aux pères et mères souhaitant apprendre à exercer leurs responsabilités. Si les initiatives de prévention à l’obésité, à la violence ou à l’endettement y étaient expliquées et analysées de manière critique, quelle rentabilisation des « politiques » menées par la Communauté française ou l’Etat fédéral!(2)