Plainte adressée au CSA le 10 juin 2005

Pulp Fiction

Plainte au CSA concernant diffusion d’une séquence de violence gratuite à 13H44, le 10/06/2005 sur Club RTL

Madame la Présidente,

Je dépose plainte concernant la diffusion dans « Bienvenue au Club » sur Club RTL, ce 10 juin 2005 vers 13H45, d’une séquence de violence gratuite dans une émission qui est sujette à classification, puisqu’il ne s‘agit ni d’un journal télévisé, ni d’une publicité.

Il s’agit d’un long extrait du film « Pulp Fiction ». La séquence choisie est l’une des plus violente du film, celle où John Travolta enfonce une seringue dans le cœur d’une femme qui vient de faire une overdose.

Cette diffusion peut être d’autant plus traumatisante auprès d’un public sensible qu’elle est présentée hors de son contexte.

Il me semble difficile au diffuseur de pouvoir justifier le choix de cet extrait-là du film autrement que par le fait de sa spectaculaire violence.

Après la diffusion de l’extrait, le présentateur a dit à l’antenne qu’il ne savait pas que c’était cet extrait-là qui avait été sélectionné. Cet aveux public tend à démontrer la légèreté et l’immaturité avec laquelle le diffuseur conçoit l’organisation de sa programmation et évite l’implication de son personnel dans ses basses besognes.
Si le CSA infligeait des sanctions financières réellement dissuasives, il est probable que pareille attitude disparaîtrait très rapidement!

Pendant la diffusion de cette émission, apparaît à l’écran à côté du numéro de téléphone surtaxé la phrase « En direct (minimum 18 ans) ».

Cette phrase peut induire en erreur le public qui peut l’assimiler à la signalétique.

D’autre part, si le diffuseur considère qu’il faut avoir au minimum 18 ans pour avoir une attitude interactive vis-à-vis de son programme, pourquoi ne le diffuse-t-il pas uniquement en fin de soirée?

Le Collège d’avis (composé, hélas, par la volonté du législateur majoritairement de personnes « juge et partie ») a-t-il suffisamment planché et avec suffisamment de recul sur son avis « signalétique »? En effet, l’expression « extraits d’œuvres cinématographiques » ne se trouve pas explicitement mentionné dans l’arrêté du Gouvernement du 23 juin 2004! On découvre, aujourd’hui, qu’il s’agit-là d’une imprécision regrettable.

Or, il me semble qu’un extrait de film diffusé ainsi hors contexte peut s’avérer encore plus dur que le même extrait proposé dans le déroulement du film lui-même (le téléspectateur y étant amené psychologiquement de manière plus progressive).

Si le diffuseur devait signaler ces extraits en tant que tels, il devrait y apposer une signalétique très restrictive (par exemple -16), ce qui le contraindrait sans doute à devoir diffuser ces extraits très violents à des heures très tardives. Ce fait aurait pour conséquence la disparition de pareilles séquences de violence totalement gratuite en journée. Et sans doute en fin de soirée, car elles ne seraient guère rentable, ni économiquement, ni en terme d’image pour la réputation de la chaîne.

En espérant que le CSA pourra instruire cette plainte et, d’autre part, faire évoluer le texte de l’arrêté Gouvernemental, je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.