Plainte adressée au CSA le 17 mai 2005

Plainte « Nouvelle Star III »

Le 17 mai 2005,

Madame la Présidente du CSA,

Par la présente, je dépose plainte auprès de vos services à l’encontre du diffuseur M6 qui a programmé la « Nouvelle Star III ».

En effet, dans une interview diffusée le 14 mai 2005 par Canal+ dans « + Clair », le deuxième lauréat Pierrick a expliqué que la production de l’émission n’avait pas voulu qu’il informe le public du fait qu’il avait une petite copine depuis deux ans et trois mois.

Pierrick, lui, avait l’intention de dévoiler cet élément de sa privée, et il l’a fait dans cette interview de Canal+, dès le lendemain de la fin de sa participation à la « Nouvelle Star III ».

Pourquoi cette interdiction?

— Pierrick: C’était simplement pour ne pas décevoir les petites filles pour avoir plus de votes.

— La journaliste: On t’a dit: mieux vaut ne pas en parler?

— Pierrick: Ce n’était pas « Mieux vaut ne pas en parler ». C’est « On n’en parle pas ».

Il nous semble donc qu’ici, le diffuseur a volontairement sous-informé un public fragile par souci de lucre, dans l’espoir de développer le nombre d’appels surtaxés.

Je souhaite que vous imposiez au diffuseur une sanction dissuasive.

La diffusion à l’antenne d’un communiqué du CSA pourrait, par exemple, permettre de sensibiliser le public sensible de cette émission.

Si ce cas de travestissement de la réalité ne peut être pris en considération par un texte législatif ou réglementaire, pourriez-vous vous inspirer de cette dérégulation pour inciter le pouvoir politique à légiférer en ce sens car il n’est pas irréaliste d’imaginer qu’à l’avenir d’autres manipulations analogues risquent de voir le jour.

Je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

Bernard Hennebert

Réponse du CSA

Le 8 juin 2005, le CSA m’annonce qu’il a mis cette plainte à l’information.

Monsieur,

Objet: émission « Nouvelle Star III » diffusée sur PLUG TV

Le courriel que vous avez adressé à Madame Evelyne LENTZEN m’est bien parvenu et a retenu ma meilleure attention.

Au vu des faits que vous y exposez, il apparaît qu’aucune infraction aux décrets et réglementations en vigueur en matière d’audiovisuel ne peut être identifiée dans le chef de l’éditeur de services.

Il est vrai que la question de la dignité humaine en ce qui concerne l’aspect « droit de la personnalité » (droit à l’image, droit à la voix, à la liberté d’expression, respect de la vie privée) pourrait être posée, mais l’intéressé a ici consenti à ce qu’un aspect de sa vie privée soit occulté et n’a à aucun moment réagi ni demandé réparation par rapport à un éventuel préjudice.

Aucune preuve tangible ne permet en outre d’affirmer de façon incontestable que le fait d’avoir « caché » cet élément de la vie privée du chanteur au public relève d’une volonté délibérée de tromper le public dans un pur objectif de lucre.

En conséquence de ce qui précède, je vous informe que je procède, au niveau du Secrétariat d’instruction, au classement sans suite de ce dossier.

Soyez sûr, cependant, que la question que vous soulevez dans votre plainte fera l’objet d’une attention accrue de la part du Secrétariat d’instruction, eu égard en particulier à ce type d’émission faisant appel au vote des téléspectateurs.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Pour le Secrétariat d’instruction,
Sandra Preud’homme