Lettre parue dans le courrier des lecteurs du « Nouvel Observateur » du 19 mai 2005.

L’exemple belge

Le 2 mai 2005, « C dans l’air » (France 5) s’interrogeait: « Peut-on sortir de l’obésité? ».

Cette émission utilise intelligemment les e-mails du public en y répondant de manière détaillée en fin d’émission. Le téléspectateur les voit défiler en grand nombre au bas de l’écran, à une vitesse raisonnable qui lui donne le temps de les lire tout en écoutant les invités.

Mais… Il y a une sélection. Et je retrouve ici un fait quasi universel: les médias craignent de devoir évoluer eux-mêmes. En effet, mon e-mail n’a pas été diffusé. C’était: « En Belgique, toute publicité est interdite durant les 5 minutes qui précèdent et suivent les émissions pour enfants à la RTBF. Pourquoi pas une mesure analogue sur France Télévision? ». Dans « C dans l’air », il avait pourtant été longuement question de ces pubs pour des boissons ou des hot-dog qui influencent les enfants qui ne font pas la distinction entre information et fiction et qui se retrouvent seuls devant la télé pendant de nombreuses heures…

En Belgique, on capte les chaînes françaises et cette mesure est contestée parce que partielle, puisqu’elle ne touche qu’une des chaînes que les enfants regardent. Le fait que les diffuseurs français n’emboîtent pas le pas pourrait donc à terme supprimer cette avancée courageuse appliquée par le pays voisin. Les Belges ont bien adopté les pictogrammes de la signalétique jeunesse made in France. Pourquoi les Français, à leur tour, n’appliqueraient-ils cette initiative étrangère? C’est cela aussi, une certaine idée de la contagion d’un mieux-disant Européen!

D’autre part, pourquoi les télés, lorsqu’elles chroniquent des « nouveautés » venues d’ailleurs au niveau de l’audiovisuel, sont-elles si souvent cyniques en ne promotionnant que les shows sensationnels américains ou les horreurs de la télé-réalité écloses à l’étranger! Pourquoi si rarement informer les téléspectateurs des expériences positives de pays voisins? Bruxelles est moins loin de Paris que Marseille. Comment se fait-il qu’aucune chaîne française ne soit venue investiguer sur les effets de cette suppression de la « pub » et du sponsoring autour des émissions TV destinées aux petits belges?

Instructif

Dans le même numéro du Nouvel Obs, quelques pages avant la publication de ma lettre de lecteur, un long papier est intitulé: « Le best of du pire ». Son sous-titre: « À côté de ces reality shows américains, Bachelor fait figure de bluette ».