Communiqué de presse

Ce 15 mars 2005: Enfin! Les droits des usagers culturels vont être pris en compte par la Communauté française

Ce mardi 15 mars 2005, le Ministère de la Communauté française lance une initiative qu’on peut qualifier d’historique.

Enfin! Les visiteurs de musées, de bibliothèques ou de salles de cinéma, les acheteurs de CD ou de DVD ou les publics des salles de spectacles vont voir leurs droits d’usagers culturels reconnus.

Il est vrai que jusqu’à présent, et dans le monde entier, les pouvoirs publics se préoccupaient davantage des intérêts des créateurs et des producteurs. Cette tâche est indispensable mais elle ne doit pas occulter l’autre objectif: développer les droits des usagers culturels.

L’usager culturel doit-il affronter l’un ou l’autre problème? Ceux-ci sont fort nombreux. En voici trois exemples (parmi tant d’autres).

Il faudrait ouvrir le dossier des réductions. Celles-ci peuvent être considérées comme un acquis social pour les chômeurs, les personnes handicapées, les enfants, etc.

De plus en plus souvent, ces réductions sont passées au bleu. Par exemple, les achats de places par internet pour les spectacles du Cirque Royal voient les réductions annoncées supprimées. Idem lorsque le public utilise les « chèques accès culture Sabam ».

Pourquoi les productions culturelles peuvent-elles dans leur matériel promotionnel n’indiquer que les ingrédients valorisants et oublier de mentionner d’autres éléments qu’une partie du public pourrait considérer comme étant des colorants?

Dans les autres secteurs de la vie économique, l’industriel ne choisit pas s’il va indiquer ou non tel ou tel ingrédient! Il doit tous les énumérer.

Ainsi, lorsqu’une comédie musicale utilise des musiciens, c’est mentionné sur les affiches. Par exemple, les onze musiciens du « Jésus-Christ Superstar » donné à Villers-la-Ville en juillet dernier. Par contre, lorsque les comédies musicales françaises envahissaient Forest-National, leur matériel promotionnel n’indiquait jamais que les musiciens cédaient leur place à la diffusion de bandes orchestrales. Donc, deux poids, deux mesures.

Pareille sous-information peut mener au fait qu’un public jeune pourrait considérer que la norme d’un spectacle musical serait l’absence de musiciens sur scène.

Il y a moins d’une quinzaine d’années, un colloque du PAC (Présence et Action Culturelle) avait considéré que la prévente des places six mois avant le déroulement des spectacles était exagéré. Aujourd’hui, pour les 80 ans de Charles Aznavour, la location commença 13 mois avant le déroulement des concerts. Aucune réglementation n’empêche le fait qu’on pourrait franchir le cap des 24 mois…De quoi faire encore davantage fructifier en banque l’argent du public!

La plupart des évolutions des pratiques commerciales peu favorables à l’usager naissent logiquement chez les commerçants de la culture et sont ensuite, petit à petit, reprises par les structures subsidiées. Progressivement, elles deviennent la norme.

Il est temps d’arrêter la dérégulation économique dans le secteur culturel.

Pour atteindre cet objectif, Bernard Hennebert, coordinateur de « Consoloisirs.be » demande depuis belle lurette que s’élabore un « Code de bonne conduite en faveur des usagers culturels » au niveau de la Communauté française

La Ministre Fadila Laanan vient de montrer son intérêt pour cette démarche et l’Administration de la Culture a fixé au 15 mars prochain la première réunion d’un groupe de travail qu’elle vient de constituer à cet effet.

Un premier code de référence devra déjà être proposé en septembre 2005.

Henry Ingberg, Secrétaire général de Communauté française, a opté pour ce projet en expliquant: « Le rapport à l’usager est un véritable enjeu. Jusqu’à présent, l’autorité publique n’a pas pris en compte cette problématique de manière systématique et organisée. Il y a là une distorsion par rapport à une amplification des pratiques de loisirs par la collectivité ».

Les organisateurs d’activités culturelles subsidiées s’engageraient à respecter ce code. La Communauté française ferait de l’application de ce code, une condition nécessaire pour l’octroi et le paiement des subsides.

Cette obligation permettrait de mieux distinguer la différence de nature des activités subsidiées ou non, objectif qui, s’il était repris au niveau Européen, conforterait la nécessité de pouvoir attribuer des subsides aux activités culturelles.

Une promotion du contenu de ce code permettrait au public de mieux cerner la différence entre activités subsidiées ou non.

Cette initiative pourrait avoir un intérêt financier non négligeable pour le Ministère de la Communauté Française: il est probable que certains organisateurs commerciaux qui ne voudraient pas souscrire à ce code ne seront plus demandeurs de subsides et les sommes ainsi vacantes pourraient être réattribuées à d’autres demandeurs qui, faute de moyens, n’ont pas pu être aidés de manière suffisante jusqu’à présent.

La popularité de ce code devrait avoir pour conséquence l’alignement progressif du secteur privé sur l’initiative publique, un peu comme les produits bio qui se retrouvent désormais dans les supermarchés.

Exemples de propositions à intégrer dans ce code:

  • Mention des prix sur le matériel promotionnel (affiches, par exemple) et dans les communiqués de presse.
  • Mention exhaustive des réductions au moins à l’entrée de l’activité et sur les dépliants promotionnels. Respect sans discrimination du droit aux réductions décidées.
  • En cas de changement de programme ou de contenu, l’organisateur est tenu d’en avertir le plus rapidement possible par tous les moyens disponibles le public, et si possible avant que celui-ci ne paie sa place.
  • Pour la prévente, les appels téléphoniques surtaxés sont proscrits.
  • Lorsqu’une activité est enregistrée par un média audiovisuel, le public doit en être tenu informé avant d’acheter son ticket.
  • Au verso des tickets, une mention doit indiquer de manière concrète comment et où le public peut en demander éventuellement le remboursement.
  • Etc.