N°57 | Europalia Italia dans le concret

Le Ligueur du 28 janvier 2004

Egrainons quelques situations problématiques pour les usagers qui ont émaillé le déroulement des expositions organisées dans le cadre d’Europalia Italia. Sa direction compte en tirer enseignement pour l’organisation de la prochaine édition de cette manifestation.

Une première critique stigmatise le fait que lorsque les tickets sont achetés à la Fnac, les réductions annoncées par Europalia ne sont pas accordées. Kristine De Mulder, Manager general d’Europalia réagit: « Pour les places réservées via la Fnac, nous n’avons pu négocier qu’un seul tarif, c’est-à-dire le tarif plein majoré de la taxe de réservation. Nous ferons mieux la prochaine fois ». Serge Alhadeff nous présente le point de vue de la Fnac: « Nous appliquons les réductions quand l’organisation nous donne son autorisation. Nous ne sommes en effet qu’un intermédiaire entre l’organisateur et le public ». C’est donc bien aux organisateurs que les visiteurs doivent stigmatiser leur désapprobation en pareil cas.

Nocturne, le 5 février

Autre problème récurrent, celui de la coexistence entre les visiteurs isolés et les groupes. Mme Marie-Louise C. de Liège témoigne: « …Je me suis retrouvée à côté de groupes en visite et c’est pénible: les personnes agglomérées bloquent la vue; la voix du guide envahit l’espace sonore, couvrant même le son de l’audio-guide. Ne parlons même pas de groupes scolaires dont les élèves, pas tous intéressés par le sujet… Il faudrait aménager des espaces temps -explicites- pour les groupes et pour les personnes seules ». Mme de Mulder a répondu ainsi à cette interpellation: « Je suis en effet consciente du problème des visites en groupe et nous cherchons une solution satisfaisante pour les deux parties ». Nous lui avons demandé de nous préciser si pareils témoignages de visiteurs pouvaient déboucher sur des conséquences concrètes: « Le problème était patent avec l’afflux du public à l’expo Da Pompei a Roma au Musée du Cinquantenaire. Nous avons orienté une série de visites scolaires sur le lundi qui avait été prévu comme jour de fermeture. Jusqu’à la clôture de cette exposition (le 8 février), nous avons également improvisé plusieurs nocturnes dont celle du jeudi 5 février où les portes se refermeront à 21H. »

Mieux communiquer

Pour « Une Renaissance singulière » et « Vénus dévoilée » deux expos passionnantes qui se déroulent jusqu’au 1er février au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, les tarifications affichées aux guichets indiquent des réductions pour les seniors (8 euros au lieu de 10 euros ) et pour les étudiants (6 euros). La réduction pour les chômeurs n’y figure pas (6 euros) et pourtant elle est annoncée dans les dépliants.

Pensant qu’une tarification est par nature exhaustive, combien de chômeurs pudiques n’auront même pas demandé si leur statut leur donnait droit à un avantage financier… Contactés par nos soins, les organisateurs ont reconnu leur erreur et se sont engagés à respecter l’affichage de l’exaustivité des réductions pour les festivals à venir. Le courriel de notre plainte a été envoyé le 24 décembre. Les tarifications plus conformes (de simples photocopies) ont été affichées, le 14 janvier. Entretemps, plusieurs rappels de notre part furent nécessaires. L’obstination paie!

Visitant l’exposition sur le Futurisme au Musée d’Ixelles, nous sommes accueillis par une jeune femme licenciée en histoire de l’art. Dès le hall d’entrée, elle se met à notre disposition pour répondre à nos questions et puis nous entraîne avec une nuée d’autres visiteurs découvrir différentes œuvres. Une vraie visite guidée improvisée! L’échevinat de la culture finance cette initiative qui se déroule tous les dimanches d’ouverture du Musée mais cette surprise n’est pas annoncée dans les dépliants d’Europalia. Cette info était pourtant un élément utile pour choisir le jour d’une visite à Ixelles. Concernant l’expo La Transavanguardia, le volumineux catalogue d’Europalia ne mentionne pas que le Centre de la Gravure de La Louvière pratique la gratuité, chaque premier dimanche du mois.

Ces deux « ingrédients » valorisants ont été oublié. Par contre, on ne risque pas d’omettre la présence de tel ou tel sponsor… Décidément, il faudrait à Europalia comme dans nombre d’autres initiatives culturelles que les intérêts des usagers soient en amont davantage présents!


Plus vite, Mr Ducarme!

En 2002, la France adopta une signalétique « jeunesse » beaucoup plus lisible tandis que les chaînes de la Communauté française continuèrent à utiliser les anciens pictogrammes pas toujours bien compris par les téléspectateurs.

Rapidement, la nouveauté française fit l’unanimité chez nous et le Ministre Miller annonça son arrivée sur nos écrans pour 2003. Son successeur qui est également MR, le Ministre Ducarme, n’a pas respecté cet agenda. Nous avons donc interpellé à plusieurs reprises son cabinet pour apprendre, ce 12 janvier, que « la volonté du MR est d’adapter la signalétique jeunesse, telle qu’elle est appliquée en France ». Mais aucune date d’application n’est précisée. Ce n’est pas un dossier urgent? Pourtant, ce même 12 janvier, le parti du Ministre de l’Audiovisuel a communiqué sur le fait qu’une protection face à la violence à l’écran doit être un des fils conducteurs de toute politique audiovisuelle. On attend les actes.