Commentaires de Bernard Hennebert après la question orale au Sénat

Dans sa réponse, la Ministre Fientje Moermen (VLD) rappelle que le mercredi après-midi est le moment où « les enfants sont le plus susceptible de venir visiter le musée avec des grands-parents ou un parent qui peut se libérer à ce moment: travailleur à temps partiel, enseignant,… ». Et pas le dimanche?

Relevons que le choix du mercredi est discriminatoire vis-à-vis des enfants dont les parents travaillent à plein temps… et surtout vis-à-vis de tous les majeurs qui n’ont pas congé en semaine! D’ailleurs, la ministre reconnaît implicitement que cette gratuité s’adresse à tous les citoyens: « Une gratuité partielle reste une mesure importante pour améliorer l’accessibilité de la culture et pour offrir au contribuable une possibilité d’y accéder sans droit d’entrée « . En concluant, elle annonce: « Pour poursuivre la réflexion sur la gratuité partielle et en particulier sur la gratuité pendant une partie du week-end, je vais demander un rapport à l’Observatoire des publics des Etablissements scientifiques fédéraux afin d’évaluer les attentes du public… ».

Quant au coût financier plus élevé que peut occasionner le changement du jour de la gratuité (davantage de monde le dimanche que le mercredi, d’où plus de gardiens au tarif « week-end »), il ne faut pas oublier que cet afflux de visiteurs ne va pas uniquement découvrir les salles mais également les lieux de restauration et les « magasins » des musées.

D’autre part, les expériences en France et en Angleterre démontrent que la gratuité des expositions permanentes a, pour conséquence indirecte, une affluence plus importante aux expositions temporelles organisés par ces mêmes musées. Et celles-ci sont payantes!

Grâce à cette question orale, « la gratuité  » du dimanche entre ainsi dans le débat politique. D’ailleurs, le fait que plus de 10.000 visiteurs aient envahi gratuitement les nouvelles salles des musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, le dimanche 7 décembre dernier, n’est pas passé inaperçu auprès de nombreux observateurs.

Il faut être attentif, dans le débat qui va s’ouvrir, que le point de vue des usagers soit bien présent.

Ce n’est pas facile car il n’existe pas d’association qui représentent vraiment les intérêts des visiteurs de musées, même pas les associations des amis des musées dont la composition peut davantage soutenir les intérêts des chercheurs et des scientifiques que ceux de Mr et madame tout-le-monde qui visitent les musées. Le Ministre de la Recherche Scientifique Charles Picqué, en mai 2003 était clair: « Les associations des amis des musées ne rassemblent actuellement que des collectionneurs, d’anciens fonctionnaires et des sponsors. Il faudrait y adjoindre de simples visiteurs » (Le Ligueur du 7 mai 2003).