« Débat » dans La Libre Belgique du 22 octobre 2003 à propos de la redevance télé

Payer, cela responsabilise!

Quoi de plus sain le fait que nombre d’usagers de la RTBF, lorsqu’ils commentent ses activités rappellent haut et fort qu’ils participent à son financement! La dotation couvre en effet les 3/4 de son budget, le solde étant financé principalement par le pub et le sponsoring.

Il est donc préférable de préserver la télé-redevance. Il importe que le public se sente concerné et celle-ci ne peut que renforcer psychologiquement sa détermination.

Sans les « pressions » ainsi aiguisées des auditeurs et des téléspectateurs, point de contre pouvoir. Puisque l’audiovisuel nous (de)formera jusqu’à la fin de notre vie, il serait suicidaire de l’abandonner aux politiques, aux publicitaires et aux « gens du métier ».

Depuis le printemps dernier, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel peut enfin sanctionner la RTBF mais, contrairement à ce qui est prévu pour son homologue français, notre pouvoir politique n’a pas jugé utile de lui donner, ni la mission, ni les moyens d’enregistrer et d’analyser ses émissions. Ce sont donc les citoyens qui sont invités à découvrir les dysfonctionnements de la RTBF et à déposer plainte auprès de l’organe de régulation. Ceux-ci peuvent aussi pousser le Service public à dialoguer puisque le contrat de gestion force ce dernier depuis janvier 2002 à répondre au courrier « de manière circonstanciée » et « endéans les 30 jours ouvrables ». Il prévoit également la diffusion d’émissions de médiation à la radio ainsi qu’en TV.

Même sans télé-redevance, la dotation de la RTBF continuera à être supportée d’une manière ou d’une autre par les deniers du public. Pour le portefeuille de l’usager, cela restera kif kif. Autant donc garder ce geste signifiant qui ne peut que contribuer au renforcement de la responsabilité du public.