N°42 | Pas magnétoscopé?

Le Ligueur du 10 septembre 2003

Pas si facile de revoir une émission de télévision!

Souvent, c’est seulement après l’avoir vue qu’on a envie ou besoin de la revisionner pour partager son plaisir avec d’autres, pour l’archiver ou pour envoyer une plainte au CSA. Trop tard! On ne l’a pas magnétoscopée. Commence alors le parcours du combattant car les chaînes elles-mêmes ne disposent pas toujours des droits de reproduction nécessaires à la mise à disposition du public par le biais de cassettes vidéo des émissions qu’elles ont programmées. Voici quelques pistes non exhaustives pour retrouver sons et images.

Rediffusions

Heureusement, beaucoup de chaînes reprogramment leurs émissions. Pour la RTBF, le JT Soir durant toute la nuit sur La Deux, et nombre de ses autres émissions pendant la nuit et jusque vers 11H sur La Une, également sur La Deux entre 9H15 et 15H. RTL TVi repropose désormais son JT de 19H ou Controverse en fin de soirée. Les télés locales se sont fait depuis longtemps une spécialité et un succès de la rediffusion en boucle. Ces nouvelles diffusions ne sont toujours intégrales: sur TV5, les JT de la RTBF ou d’autres chaînes sont reformatés en séquences de 27 minutes.

Copies

Le public d’Arte est très demandeur de copies d’émissions. En dehors des cassettes que la chaîne culturelle édite officiellement, il ne recevra que rarement réponse à sa demande. Néanmoins la chaîne propose un service original, celui d’avertir d’une éventuelle reprogrammation les téléspectateurs qui lui signalent l’objet de leur recherche(1).

Contrairement à RTL TVi, la RTBF propose jusqu’à présent un service qui accueille le public en recherche de copies d’émissions (TV et radio), particulièrement celles de « productions maison » dont la chaîne détient les droits. Le délai normal de livraison est de 2 à 3 semaines. Cela vous coûtera 25 euros pour une séquence et 37 euros pour une émission complète (25 euros pour les enseignants). L’application du plan de préretraite de la RTBF contraint la réorganisation de ce service. Alain Goossens, son responsable, ne nous cache pas que l’une des solutions envisagées pourrait en être la suppression pure et simple, « la fourniture de copies d’émissions ne constituant pas une obligation de notre contrat de gestion »(2).

La Médiathèque de la Communauté française a conclu des accords avec la RTBF qui l’autorise à mettre en location ses émissions peu liées à l’actualité: Autant Savoir, Au Nom de la Loi, Droit de Cité, Strip-tease, Dites-moi, Pulsations, Courants d’Art, Noms de dieux, etc. Certaines collections remontent jusqu’à une dizaine d’années et il faut patienter quelques mois après le passage à l’antenne pour y avoir accès(3).

Il reste, enfin, l’entraide entre téléspectateurs par le biais des petites annonces dans des rubriques spécialisées. « Qui peut m’aider? » de Femmes d’Aujourd’hui publie gratuitement ce type d’annonce mais il faut donc parfois patienter plusieurs mois(4). C’est plus rapide chez Télémoustique. Pour participer à la rubrique »Avis de recherche, il faut joindre un bon à découper dans l’hebdo. Les lecteurs qui détiennent les documents recherchés écrivent au journal qui renvoie leurs adresses aux auteurs des annonces. Généralement, les lecteurs se remboursent simplement les frais (5 euros pour la cassette et son envoi). Tout est question de chance mais nous tenons ici à remercier encore une fois la charmante grand-mère de Ans qui nous a permis ainsi de découvrir la séquence polémique d’On ne peut pas plaire à tout le monde concernant la sortie du nouveau livre de Brigitte Bardot!(4)

Internet

Internet est un outil d’avenir pour découvrir en direct des émissions de radio et de télévision mais également pour les archiver. Là également, la restructuration de la RTBF fait des ravages (de l’équipe « internet » de 23 personnes, il n’en reste que 10). Ce mois d’août a mis fin à deux services mis en place depuis plusieurs années. L’un permettait de découvrir les textes des différentes séquences du JT de 19H30 du jour et des semaines qui précèdent. L’autre répertoriait de la même manière la mise par écrit de l’interview de Jean-Pierre Jacqmin, vers 7H40 sur La Première. Le nouvel objectif du site du Service public serait de favoriser la réécoute d’émissions à contenu de ses radios(5).

Deux exemples français montrent la voie à venir. Le site de France2 permet de visionner à tout moment les JT de 8H, 13H et 20H de la semaine écoulée(6). Enfin, pour les amateurs d’éducation aux médias, le site de France5 ne présente pas simplement le visionnement des anciennes émissions d’Arrêt sur Images(7) mais il offre à voir l’intégrale du tournage de celles-ci alors que sur le petit écran, le public a droit à l’émission montée. Avis à ceux qui veulent découvrir ce qui a été coupé!

(1) Service des téléspectateurs d’Arte, 4, Quai du Chanoine Winterer, 67080 Strasbourg Cedex. www.arte-tv.com
(2) RTBF Imadoc, 5M46, 1044 Bruxelles. E-mail: ags@rtbf.be
(3) Le catalogue peut être consulté dans les centres de prêt ou sur internet: www.lamediatheque.be
(4) Même ardesse pour Femmes d’Aujourd’hui et Télémoustique: 109, rue Neerveld 1200 Bruxelles.
(5) www.rtbf.be
(6) www.france2.fr
(7) Une émission hebdomadaire d’une heure axée sur l’analyse critique de l’évolution de la télévision. www.france5.fr