N°38 | Les usagers ont-ils été écoutés?

Le Ligueur du 25 juin 2003

Depuis le 28 août 2002, cette rubrique soutient concrètement les droits des usagers des médias et de la culture. Il est temps de faire le point de vous informer du « suivi » de certains dossiers (les signes [>] vous indique le numéro de la chronique qui a abordé la thématique reprise dans cette partie de l’article).

Si l’on utilise les transports en commun, il est bien difficile de boire un dernier verre après un spectacle dans la capitale de l’Europe. Derniers départs entre 23H20 et 00H20, à l’exception de la rame de métro qui quitte la station Heysel à 01H00. Nous avons déjà soulevé ce problème à l’occasion d’une chronique axée sur le Festival Anima [>29].

Nous avons interviewé Alain Flausch, l’Administrateur directeur général de la STIB: « On constate un réel besoin » admet-il. « Les noctambules qui dépassent le cap des trois heures attendent les premiers trams. Mais entre minuit et trois heures, il y a un vrai trou ».

Bravo, l’AB!

Nous avons déjà attiré l’attention sur ce problème en demandant aux organisateurs de ne pas étirer inutilement le déroulement de leurs activités de fin de soirée.

Le co-voiturage est utile. Qu’ils le favorisent! Les responsables d’Anima se sont engagés dans ce sens. L’Ancienne Belgique, quant à elle, a reçu le label « Entreprise écodynamique » de la Région Bruxelles-Capitale pour ses efforts de réduction des déchets, de diminution de pollution sonore mais également pour la manière dont son site internet encourage son public à utiliser le co-voiturage pour se rendre aux concerts.

Tarification critiquable du N71

Depuis le début du printemps, la STIB mène une expérience limitée de service nocturne qui pourrait déboucher sur un dispositif plus élaboré dès le début 2004. Jusqu’à cette date, durant la nuit du vendredi, toutes les demi-heures, entre 0H30 et 3H, le bus N71 relie De Brouckère à Delta. En cas de succès, elle pourrait se développer sur quatre lignes au départ de De Brouckère, accessibles durant les nuits du vendredi ainsi que du samedi.

« Info Ixelles », le mensuel de la principale commune traversée par le N71, regrette « le coût élevé du voyage: 3 euros avec impossibilité d’utiliser son abonnement ». M.Flausch s’explique: « Nous nous sommes aligné sur des villes comme Berlin et Paris où c’est le principe du double tarif pour les voyages de nuit. Je trouve qu’on a trop déconsidéré la valeur du transport public. La nuit, un verre de bière peut coûter 5 euros! ». Notre interlocuteur serait prêt à permettre aux voyageurs de poinçonner deux trous de leur carte (soit l’équivalent de 1,84 euros) si une solution technique était trouvée pour que les « valideurs » puissent enregistrer pareille opération. Néanmoins, nous contestons cette double tarification pour plusieurs raisons. Elle introduit une discrimination entre les travailleurs de jour et de nuit, entre le public qui fait ses courses et celui qui se cultive, etc. Elle ouvre la porte à des tarifications à deux vitesses. Ne vaudrait-il pas mieux intégrer les frais de ce nouveau service à l’ensemble de la tarification? Quant aux abonnements, M.Flausch considère que leur prix n’a pas pris en compte ce nouveau service.

Il ne faudrait pas que ce doublement du tarif n’amène ne fut-ce qu’un seul usager ayant trop bu à préférer prendre le volant de sa voiture!

Deux minutes trop tôt

Parfois, des usagers doivent sacrifier la fin d’un spectacle pour arriver à l’heure à l’arrêt et pourtant le dernier bus leur file sous le nez! Notre interlocuteur explose: « Nous recevons pas mal de plaintes dans ce sens. C’est insupportable « . Les écarts avec l’horaire sont tels que tenter d’imposer aux conducteurs l’objectif « -5 +2 » (éviter d’arriver à un arrêt 5 minutes plus tard ou avec plus de 2 minutes d’avance) constitue déjà « une gageure énorme ».

À la fin de notre entretien, M.Flaush nous indique un dernier tuyauà propos des bus qui, en fin de soirée, s’en retournent vers leurs dépôts respectifs en utilisant un itinéraire différent de celui de leur ligne: « Les voyageurs peuvent monter dans ces interdépôts mais peu le savent ».


D’autres « suivis » en bref

RTL TVi et RTBF

Au cours du « Qu’en dites-vous? » de ce 14 juin, Alain Gerlache, le Directeur de la télévision (RTBF), nous a confirmé la mise à l’antenne d’un agenda social annonçant les activités d’éducation permanente [> article 30]. En septembre 2003 ou plutôt début 2004. Le plus tôt sera le mieux car, au 1er septembre 2003, la RTBF aura déjà tardé pendant près de 600 jours pour concrétiser cette obligation!

À notre courrier qui suggérait la création sur RTL TVi d’une émission de médiation [> article 25], nous avons reçu une réponse détaillée de l’Administatreur délégué Philippe De lusinne qui ne se positionne pas de façon précise sur ce point mais qui ouvre le dialogue en nous suggérant de le rencontrer.

CSA

Au mois d’octobre dernier, nous signalions que seulement 8 plein-temps des 15 prévus étaient affectés à notre Conseil Supérieur de l’Audiovisuel alors que son confrère français fonctionnait avec près de 400 personnes! [> article 5]. Depuis, un nouveau décret donne davantage de compétences au CSA: par exemple, instruire enfin des plaintes du public concernant la RTBF et pouvoir éventuellement sanctionner celle-ci. Pour mener à bien ces tâches, Evelyne Lentzen, la Présidente du CSA, affirme qu’il lui faudrait un cadre de 29 personnes. Le Gouvernement vient de le limiter à 20. Il s’agit maintenant de fixer le budget qui permettra à cet effectif étriqué de travailler…

Une pétition

Après avoir été accueilli à notre Grand Entretien [> article 34], le représentant de l’Arenberg-Galeries a lancé une pétition pour la survie et le développement de son cinéma d’art et d’essai (www.arenberg.be/petition.php).

Trois projets

Petit rappel de quelques prises de position afin qu’elles ne tombent pas dans l’oubli…

En ce qui concerne la classification des films qui sortent en salle, il faudrait ajouter à la catégorie des films interdits aux moins de 16 ans, celle qui concerne les moins de 12 ans et celle « des enfants accompagnés ». Sont également envisagés une « chambre de plainte » et un site internet qui diffuserait auprès du public les avis formulés par la commission de contrôle. La Ministre Nicole Maréchal souhaite voir aboutir ce dossier avant la fin de la présente législature [> article 13].

Lorsque nous avons suggéré de déplacer la journée de gratuité dans les musées du premier mercredi au premier dimanche du mois, le Ministre Charles Picqué nous a déclaré: « Le débat est ouvert. L’idée mérite d’être explorée » [> article 32].

Enfin, le Ministre Richard Miller envisage une évolution de la signalétique jeunesse dans le courant de l’année 2003. Ainsi, nos chaînes pourront sans doute reprendre les nouveaux -et très efficaces- pictogrammes français. Il faudra s’interroger sur l’opportunité d’introduire cette signalétique dans les émissions d’information comme le souhaitent de nombreux parents. Enfin, l’ancien Ministre de l’audiovisuel déclarait que les chaînes « seront tenues de visionner intégralement et en temps réel les émissions », ce à quoi celles-ci s’opposent énergiquement. Qu’en pense son successeur, M. Daniel Ducarme? [> article 21].