N°29 | Navetteurs privés de fin de spectacles!

Le Ligueur du 16 avril 2003

23H45. C’est l’heure où nous constatons que des spectateurs commencent à quitter les séances d’Anima, le Festival du dessin animé et du film d’animation. Il arrive que celles-ci se terminent vers minuit quinze mais le dernier tram n’attend pas!

Lorsque le retard est dû à un incident technique (séance de 22H du 7 mars), il n’est pas opportun de le reprocher à l’organisateur. Une notice du programme le prévoit d’ailleurs: « La grille horaire de ce programme est donnée de bonne foi, mais soumise aux réserves d’usage. Nous déclinons toute responsabilité pour des modifications indépendantes de notre volonté ».

18 minutes de pub!

Mais… quand ce qui provoque le retard est volontaire ou n’est pas mentionné dans le programme? Celui-ci n’informe pas, par exemple, les futurs acheteurs d’abonnements qu’ils vont devoir subir au début de chaque séance, pendant treize jours, les même dix-huit minutes de publicité! Difficile d’échapper à cette torture: les places n’étant pas numérotées, il faut donc arriver à temps pour être bien placé… et le son de ces réclames vantant les sponsors est tonitruant!

Philippe Moins, le co-directeur d’Anima réagit: « Force est de reconnaître que nous avons poussé le bouchon trop loin en nous alignant sur ce qui se fait couramment dans les salles de cinéma. L’insuffisance récurrente des subsides nous a amenés à accepter la pub, mais ce n’est pas une justification de lalongueur de celle-ci. Nous allons tenter de ramener ces écrans à une durée moins fastidieuse pour tout le monde. Toute personne ayant des idées pour apporter d’autres revenus au festival sera écoutée avec attention! ».

Propositions concrètes

Pour « C’est du belge 1 » (la séance de 22H du 5 mars), l’absence d’intérêt des organisateurs vis-à-vis des spectateurs adeptes des transports en commun fut flagrante. En plus du fastidieux assommoir publicitaire, un intermède d’une quinzaine de minutes, amusant mais pas indispensable, fut ajouté au programme annoncé.

Le cas d’un festival où les séances sont uniques est différent de celui des salles de cinéma où le public peut choisir entre des séances commençant en début ou en fin de soirée.

Dans le cas qui nous concerne, le spectateur lésé peut-il être dédommagé? Philippe Moins: « Oui. Si la réclamation nous semble fondée, ce qui était le cas, nous offrons une place pour une autre séance ou nous remboursons ».

Cet exemple peut-il servir de leçon? « Sans brider toute fantaisie, nous allons tenter de réagir à l’imprévu de manière plus arithmétique. Nous devrons davantage tenir compte de la longueur parfois atypique de certains films. Quand la vraie durée de ceux-ci nous est communiquée! Lorsque cela se justifie, nous devrions favoriser le co-voiturage en répercutant les propositions et demandes de nos spectateurs comme cela se pratique déjà pour La Nuit animée. »

Avec vos confrères, pourquoi ne pas lancer une pétition à l’attention des société de transports en commun? « Nous sommes d’accord de nous associer à une action stigmatisant l’inadéquation entre l’offre d’un service public (la Stib) et la demande, celle des habitants qui doivent pouvoir sortir, s’amuser et se cultiver », répond Philippe Moins. Mais qui va lancer pareille revendication? Il nous semble que cette paternité devrait être assumée par différents organisateurs de festivals et par des associations d’usagers de transports en commun. La présente rubrique est prête à relayer(1).

(1) La stib vient de lancer un premier service nocturne bruxellois pour le vendredi (ligne N71) au prix qui nous semble abusif de 3 euros le ticket. Nous y reviendrons.


Le monde est minuscule

Lorsque Myriam Katz, la rédactrice en chef du Ligueur, propose à Bernard Hennebert que sa rubrique soit illustrée par Philippe Moins, elle ignore qu’ils s’apprécient depuis bien longtemps et qu’ils habitent dans la même rue! L’un des plus succulents restaurants du quartier du Châtelain (Ixelles) sépare leurs habitations respectives…

Les lecteurs doivent savoir que le scribouilleur de « À l’écoute des usagers du temps libre » ne découvre l’illustration de son texte que lorsque le journal est imprimé.

Philippe Moins est également le coordinateur du festival Anima dont Bernard Hennebert critique un aspect dans le présent numéro. Il l’interpelle donc. Philippe Moins lui répond… et illustre lui-même l’article qui en résulte. De l’auto-critique dessinée?

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