N°18 | Premier bilan de la chronique

Le Ligueur du 22 janvier 2003

La présente rubrique a démarré à la fin août. En voici un premier bilan. D’abord, nous constatons que vos réactions sont nombreuses et, souvent, de qualité. Des courriers de lecteurs ou des témoignages de personnes côtoyées aussi bien au marché, chez des amis ou à la rédaction du Ligueur s’accumulent sur le tableau noir des tracas des « usagers du temps libre ». Il y a également et heureusement bon nombre d’ébauches de solution.

Le remboursement d’un ticket de l’exposition « Rubens » pour mention erronée des ingrédients avant achat(1) a suscité la réaction de François Jahn, à propos de la présentation des plus belles robes de cinéma au Château de Beloeil durant cet automne. Lors de sa visite, quelques jours avant la clôture, il nous raconte que « …Une robe qui était sur les affiches et sur le dépliant publicitaire n’était plus exposée. Nous l’avons fait remarquer à notre sortie à la caisse. La réponse fut que cette robe était effectivement déjà partie. C’est un fait certain: la pratique que vous dénoncez est un fait ». Notre lecteur regrette d’avoir jeté sa documentation et ses tickets de caisse. Puisse cette expérience servir de leçon à tous: conservez les! Une autre correspondante nous détaille une « fausse offre alléchante » du Théâtre de la Toison d’Or de Bruxelles. La promotion de la pièce « Excit » annonçait: « Tous les samedis soirs, après le spectacle, délire transformiste mitonné par les filles de Chez Maman(2) ». Le 21 décembre dernier, « l’annonce du désistement de Maman s’est fait après paiement, annoncé dans la salle quand tout le monde est assis, juste avant le début de la pièce. Motif annoncé: la finale de Star Académie ». Nous ne contraindrons pas sadiquement « Maman » à découvrir la victoire de Nolwenn sur son magnétoscope mais il aurait été plus judicieux d’annoncer plus tôt ce désistement. Les fans connaissaient la date de cette « finale » depuis belle lurette. « Si on avait su que cette prestation n’avait pas lieu ce soir-là, on aurait choisi un autre samedi! » conclut avec bon sens notre correspondante.

Rééquilibrage

Favoriser des avancées utiles au bien commun est la raison même d’exister de notre rubrique. Devenir en quelque sorte un contre-pouvoir qui pourrait contrebalancer une influence économique parfois trop unilatérale.
Après avoir dénoncé l’usage inadéquat par RTL TVi de 0903 dans ses concours de « Star Academy »(3), nous avons donné la parole à la députée fédérale Marie-Thérèse Coenen. Celle-ci tente de mieux légiférer l’usage de ces numéros d’appels téléphoniques (0900, 0903, etc.) qui participent à l’accélération de l’endettement des ménages(4).

Obstination

Nous avons également détaillé le fonctionnement de l’émission de médiation « Qu’en dites-vous? » et suggéré, vu son intérêt pour le public, qu’elle soit allongée (passer de 12 à 20 minutes) et diffusée à un meilleur horaire. Dans ce sens, nous avons écrit au début du mois d’octobre et envoyé des rappels au début du mois de décembre à Messieurs Lovérius et Philippot, respectivement Directeur de la télévision et Administrateur général de la RTBF. Jusqu’à présent, ceux-ci n’ont pas répondu à notre interpellation, bravant ainsi leur obligation de répondre endéans les trente jours ouvrables de manière circonstanciée au courrier des usagers, tel que prévu dans l’actuel contrat de gestion du Service public. Quel exemple pour le reste de leur personnel! Affaire à suivre.

Les premiers pas de « À l’écoute des usagers du temps libre » semblent bien démontrer que l’obstination soit indispensable et payante. Il aura fallu consacrer quatre rubriques (5) à la signalétique erronée de « Ça va se savoir » sur AB3. Début octobre, au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, on nous laissait entendre qu’il serait très difficile de condamner la chaîne privée. Finalement, ce sera le cas, le 18 décembre. Ce mini-feuilleton nous permettra également de démontrer, à la veille de l’examen par les parlementaires du décret qui pourrait le remodeler, combien cet organe de régulation manquait de moyens, de personnel et de pouvoir.

Contrôle

Dès la mi-octobre, Mme Cahen-Delhaye, la conservatrice en chef du « Cinquantenaire » accède à notre demande: indiquer, dans le hall d’entrée de son musée, l’intégralité des réductions (celle qui est accordée aux chômeurs n’était pas annoncée) ainsi que la gratuité de chaque premier mercredi du mois après 13H. Un contrôle à la mi-décembre nous permit de découvrir qu’il n’en était rien. Un échange d’e-mail fit évoluer favorablement cette situation en moins de 24 heures.

Prévention

Enfin, il faut pratiquer la prévention. Jusqu’à la mi-octobre, la plupart des médias indiquaient que la RTBF n’avait pas l’intention de concrétiser, ce 1er janvier 2003, son obligation de supprimer la diffusion des publicités et du sponsoring durant les cinq minutes qui précèdent et suivent ses émissions destinées aux enfants. Nous avons publié alors les déclarations énergiques de Jean-Marc Nollet, le Ministre de l’enfance(6). Depuis le jour de l’an, le service public applique correctement son contrat de gestion, du moins sur ce point-là. Voilà une formidable avancée que nous savourons. Finies, les pubs pour des hamburgers, des jeux vidéo ou des langes pour bébés entre « Ici Blabla », les « Niouzz » et les autres émissions destinées aux enfants.

(1) L’une des œuvres parmi les plus médiatisées a été retirée, à mi-parcours de cette exposition. Aucun avis ne signalait ce fait au visiteur avant qu’il ne paie son entrée. Voir rubrique 12.
(2) Maman ex « Les @llumés.be » de la RTBF.
(3) Voir rubrique 9.
(4) Voir rubrique 15.
(5) Voir rubriques 2514 et 17.
(6) Voir rubrique 8.